auggie's grenier

08 décembre 2014

Sélection de cadeaux de Noël par auggie's grenier

/ SELECTION DE CADEAUX DE NOËL PAR AUGGIE'S GRENIER...
POUR NE PAS SE TROMPER DE CADEAU! /

NoelMMXIV

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Miroir Sorcière ou Soleil par Chaty - France (années 1950)

 

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Chaty à Vallauris
Miroir sorcière
rayonnant en métal doré et miroir ancien patiné de piqûres mordorées
Cachet d'éditeur d'origine au revers
France, Vallauris, vers 1950
Diam_71 cm

199 €

 Un cadeau pour: avoir un original de ce modèle tant copié, le mystère de cette forme, se prendre pour Jean Marais et Jean Cocteau dans le Vallauris d'après-guerre, auréoler n'importe quel mur.


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Paravent / cloison mobile Jomain Baummann - France (Vers 1935)

 

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Jomain Baumann
Paravent / cloison mobile / séparateur de pièce d'époque Art Déco
Lames de pin assemblées formant structure ondulante déroulable à volonté
Plaquette d'éditeur métallique
France, vers 1930
Environ H_185 x L_240 cm dans ses mesures aplaties

399 €

Un cadeau pour: ceux qui ont quelque chose à cacher, ceux qui aiment cette forme ondulante qui servit de modèle aux paravents des Eames et d'Alvar Aalto.


 

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Bougeoir / chandelier de table de J.H. Quistgaard - Danemarl (vers 1960)

Jens Quistgaard

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 Jens Harald Quistgaard (1919-2008) & Dansk designs (Editeur)
Chandelier de table en fonte
Structure géométrique enchassée
Danemark, vers 1960
L_11 x P_11 cm

59€

Un cadeau pour: les fans de bougies, les collectionneurs des designs de Quistgaard, les amateurs de réseaux, les amateurs de sculptures, tout un chacun.


 

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Miroir "Mirophar Brot" - France (1927)

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Miroir grossissant en cuivre nickelé à éclairage intégré
Fameux modèle « Le Mirophar Brot » déposé Breveté SGDG Made in France
Angle réglable
Travail d'époque Art Déco
France, 1927

H_26 cm

69€

Un cadeau pour: ceux qui aiment se regarder, les coquettes, les stars, les narcissiques, les pervers-narcissiques, les amateurs d'Art Déco, les amateurs de points noirs, les mises en scènes à inventer...


 

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Chaise miniature Myto de Konstantin Grcic - Allemagne (2009)

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Chaise miniature MYTO design by Konstantin Grcic pour Plank
Identique à la chaise réelle en Ultradur high speed mais à échelle réduite au 1/6e (identique à la fameuse série des miniatures de Vitra)
Edition collector pour la sortie du Modèle coédité par Plank et BASF et célébrer son entrée dans les collection du MoMA de New-York
Allemagne, 2009
(boîte d'origine)
H_14,5 cm

49€

Un cadeau pour: ceux qui aiment le design, ceux qui aiment la Vitra miniature collection, ceux qui aiment Grcic, ceux qui aiment les chaises minuscules sur lesquelles on ne peut pas s'asseoir, ceux qui ont un tout petit appartement, ceux qui aiment les meubles de poupées, ceux qui aiment les changements d'échelle, ceux qui aiment le MoMA.


 

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Tabouret à piètement Tour Eiffel - France (années 1950)

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Tabouret eiffel

Tabouret moderniste à piètement « tour Eiffel » patiné par le temps
Assise circulaire rembourée à garniture de toile de coton bleu marine
France, années 1950
H_47 x Diam_30 cm

49€

Un cadeau pour: ceux qui aiment les tabourets, ceux qui aiment la tour Eiffel, ceux qui aiment les objets patinés, ceux qui aiment les Eames, ceux qui aiment les années 1950, ceux qui ont le cul entre deux chaises, s'asseoir, M. Sanchez de la boucherie Sanzot.


 

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Fauteuil à bascule / Rocking-chair - Danemark ( vers 1955)

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Travail moderniste scandinave - Suiveur de Ilmari Tapiovaara
Rare modèle de rocking chair / fauteuil à bascule
Structure en bois noirci et assise en teck mouluré à décor de filets de bois clair
Danemark, vers 1955
H_87 x L_55 x P_87 cm

450 €

Un cadeau pour: les futurs parents, les déjà-parents qui espèrent d'autres enfants, sa nounou, ceux qui aiment le beau design danois, les danois expatriés nostalgiques, ceux qui aime se basculer, ceux qui fantasment le bayou et ses villas créoles.


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Coupe en teck Digsmed Danmark - Danemark (vers 1955)

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Coupe scandinave en bois de teck massif mouluré
Edition originale DIGSMEG DANMARK
Agrémentée de deux raviers en verre teinté gris et deux bases pour bougies chauffe-plat
Danemark, vers 1955
Marque originale de l'éditeur au fer sous la base
L_35 x l_16 cm

55€

Un cadeau pour: ceux qui aiment la scandinavie, ceux qui aiment le bois, ceux qui aiment le bois encore plus que les précédents, ceux qui aiment le travail manuel, ceux qui aiment les vikings, ceux qui aiment les apéros, ceux qui aiment les cacahuètes ou les pistaches, ceux qui aiment faire des cadeaux.


 

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Bougeoir isolateur haute tension - France (1960-2014)

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Travail de détournement
Isolateur double de ligne EDF haute-tension de lignes 20 000 volt transformé en bougeoir
Verre moulé teinté vert
Années 1960 (détourné en 2014)
H_17,5 x Diam_22 cm

29€

Un cadeau pour: ceux qui aiment le détournement, ceux qui aiment les bougies, ceux qui aiment la surprise, les curieux, les fantaisistes, ceux qui aiment la récup', ceux qui aiment le vert et le verre, ceux qui aiment EDF...


 

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Sculpture zoomorphe en terre cuite - France (vers 1950)

 

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Travail français d'après-guerre
Sculpture zoomorphe en céramique (terre cuite chamottée)
Signée sous la base - signature non identifiée
France, vers 1950
H_21 cm

59€

Un cadeau pour: ceux qui aiment les poules, ceux qui aiment la sculpture animalière, ceux qui aiment Lurçat, Picasso et le design d'après-guerre, ceux qui aiment les belles choses, ceux qui aiment le mystère, ceux qui aiment!...


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Médaillon mural composition aile de papillon - France (années 1930)

 

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Médaillon mural circulaire formé d'une composition en ailes de papillons
Encadrement en boitier d'aluminium et verre bombé concave
Accroche murale au revers
Travail français des années 1930
Diam_29 cm

79€

Un cadeau pour: les lépidoptéristes, son cabinet de curiosité, réchauffer son décor de couleurs naturelles sublimes, éviter d'aller au zoo, avoir chez soi un morceau du Muséum d'Histoire Naturelle, célébrer la beauté de la nature.


 

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07 décembre 2014

et aussi...

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Ecole française d'après-guerre - Abstraction lyrique
Ch. Gault (actif vers 1958!)

Tableau, composition abstraite
Huile et gouache sur carton
Signé en bas à droite
Daté et situé au revers "2 septembre 1958 à Pénerf"
Bretagne (Morbihan) , France
H_32,5 x L_25 cm

180€

Un cadeau pour: ceux qui aiment le Morbihan, ceux qui sont nés en 1958, ceux qui connaissent quelqu'un né en 1958, ceux qui aiment l'abstraction lyrique, ceux qui aiment le mystère, ceux qui aiment la couleur, ceux qui aiment la peinture, ceux qui connaissent Christian Gault.


 

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Les potiers d'Accolay (1945-1989)
Rare vase moderniste bilobé à col légèrement triangularisé
Faïence tournée à superbe couverte noir profond satinée
Accolay, Bourgogne
Signature manuscrite sous la base et marque de Vermenton à la tête de taureau
France - Années 1950
H_23 cm

129 €

Un cadeau pour: ceux qui aiment la terre, ceux qui aiment le noir, ceux qui aiment la poterie, ceux qui aiment la céramique des années 50, ceux qui aiment la Bourgogne, ceux qui aiment le bourgogne, ceux qui aiment les fleurs, ceux qui aiment la vie, ceux qui (m')aiment.


 

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Paul MILET (1870-1950) à Sèvres
Vase boule en faïence émaillée vert émeraude
Monture en métal chromé formée d'une base circulaire à gradins et d'une bague de col
Signature au cachet PM Sèvres. (après 1930)
Vers 1935
H _20.5 cm

180 €

Un cadeau pour: ceux qui aiment le vert, ceux qui aiment les boules, ceux qui aiment Sèvres, ceux qui aiment les années folles, ceux qui aiment les belles carrosseries, ceux qui aiment « le moderne », ceux qui aiment l'U.A.M, ceux qui aiment les fleurs, ceux qui aiment les reflets et qui savent ce que ça coûterait ailleurs.


 

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Lampe en suspension globulaire orientable
Laiton doré et intérieur thermolaqué blanc
Sommet ajouré et monture laquée noir
Dans le goût de Verner Panton ou Alvar Aalto
Travail scandinave - Années 1960
Diam_22 cm

120 €

Un cadeau pour: ceux qui aiment le laiton, ceux qui aiment la lumière chaleureuse, ceux qui aiment la Scandinavie, ceux qui aiment la rondeur, ceux qui aiment le doré, ceux qui aiment Panton mais n'ont pas les moyens d'en acheter, ceux qui aiment le design vintage, ceux qui ont besoin de lumière, les chanceux qui ont une sortie de plafonnier.


 

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Pol Chambost (1906-1983)
Lampe en faïence à couverte d'émail blanc mat en craquelé à décor tournant scarifié
Signature au cachet "Made in France" sous la base
Poterie Pol Chambost dite Poterie d'Ivry, France
Vers 1940
H_pied seul_28 cm ( NB. abat-jour non fourni)
Bibliographie: Modèles similaires in "Pol Chambost sculpteur céramiste 1906-1983", Edition Somogy, p.18.

220 €

Un cadeau pour: ceux qui aiment Pol Chambost, ceux qui aiment le style 1940, ceux qui aiment la faïence craquelée, ceux qui aiment la douceur d'un émail mat, ceux qui habitent Ivry, ceux qui savent combien ça vaudrait ailleurs, ceux qui trouvent qu'une lampe est un cadeau formidable, ceux qui détestent les LED.



 

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Lampe de photographe - Suiveur de Bernard-Albin Gras - France (années 1940-50)
Structure tubulaire ultra-légère en aluminium thermolaqué orné d'une bague en bakélite noire
Agrafe fixe, bras supérieur orientable à 360°
Déflecteur en aluminium laqué gris métallisé à douille en porcelaine traversante
Edition Unifot - étiquette d'éditeur présente
France  Années 1940-50
H_BrasFixe_70 x L_BrasDéployant_20  cm x Support nécessaire à l'agrafe L_jusqu'à 4,5 cm

160 €

Un cadeau pour: Bobos, ceux qui aiment le mobilier d'usine, ceux qui aiment le design, ceux qui aiment les lampes Jieldé mais trouvent ça trop cher ou trop vu, pour les photographes old-school.


 

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Travail moderniste néerlandais - Suiveur de Cees Braakman et Charles & Ray Eames
Paire de chaises d'enfant (probablement d'école maternelle)
Dossier, assise et pieds en frêne massif sculpté et mouluré
Elément courbé en bois lamellé collé dit "plywood"
Attribuées à la manufacture de mobilier scolaire Marko à Veendam
Marquées au tampon sous la base Veendam, Van der Woude
Hollande, vers 1960
H_59 x L_31 x H_assise_31 cm

140 € la paire (ou 80 € l'une)

Un cadeau pour: ceux qui ont des enfants ou des neveux/nièces, ceux qui aiment le bois, ceux qui aiment Pastoe, ceux qui aiment le mobilier néerlandais, ceux qui aiment les Eames mais veulent autre chose que tout le monde, ceux qui aiment le design pour enfant.


 

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Rare table basse ou console d'appoint moderniste en acajou massif d'inspiration africaniste
Plateau à ressaut
Pieds en acajou massif à section carrée ondée en cannelures amincies
Travail français entourage de Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933) & Alfred Porteneuve (1896-1949)
Epoque Art Déco, vers 1930
H_45,5 X L_60 X P_40 cm
(Très bon état - traces d'usage sur le plateau et aux arêtes)


180 €

Un cadeau pour: ceux qui aiment l'Art Déco, qui aiment le beau bois, ceux qui aiment qu'un meuble soit marqué de la vie, ceux qui aiment la ligne droite, ceux qui aiment les paquebots, ceux qui aiment avoir du style.


 

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Studio Centro Ave
Coupe circulaire en faïence à col ourlé rentrant
Épais et caractéristique émail rouge orangé nappé à effets de cristallisations flammées
Italie, Loppiano (Florence)
Marqué sous la base (étiquette d'origine)
Vers 1965
H_5 x Diam_27 cm

150 €

Un cadeau pour: ceux qui aiment l'Italie, ceux qui aiment les lignes pures, ceux qui aiment vivre la Dolce Vita, ceux qui aiment le orange, ceux qui aiment l'histoire, ceux qui aiment se perdre dans un bel émail.


 

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Rare cendrier de forme libre / organique - Entourage de Hans Przyrembel (1900-1945)
Feuille de cuivre martelée et découpée
Trois pieds évasés coniques en laiton
Repose-cigarette mouluré en laiton
Signé d'un monogramme "KN" et marqué « handarbeit » (trad. fait-main)
Allemagne
Vers 1955
H_6 x L_12,5 x P_11,5 cm

45 €

Un cadeau pour: ceux qui fument un peu, ceux qui fument beaucoup, ceux qui veulent du chic en fumant, ceux qui veulent fumer tout en étant chic, ceux qui aiment Miro, Calder et tout le toutim..., ceux qui ont un ami fumeur et qui veulent être sympa malgré tout.


 

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Sculpture candélabre à quatre lumières
Tubes d'acier galvanisé à patine cuivre
Atelier Maresa à Tampere, Finlande
Fin des années 1960 / début des années 1970
Étiquette de l'éditeur sous la base
(Convient aux bougies chauffe-plat petites ( Ø 4cm) et grandes ( Ø 5,5cm))
H_17,5 x Diam_26 cm

90 €

Un cadeau pour: les amateurs de Finlande, les amateurs d'objets étranges, les amateurs de "scandinave" qui n'en peuvent plus du teck, les amateurs de belles choses, les amateurs de bougies, les amateurs de doré, les expatriés finlandais, ceux qui veulent honorer un finlandais, les fans de Sibelius.


 

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Suite de deux figurines dites "chieurs" formant pendants
Un paysan et une fermière en costumes régionaux arborant en deux partie la devise "Bien faire, Laisse dire"
Terre cuite estampée et réhaussée de peinture polychrome à la main
Art populaire des années 1930-40
Berry, France
H_14 cm

60€ la paire

Un cadeau pour: les amateurs de bizarrerie, les belle-mères, les amateurs de folklore, les berrichons, les néo-berrichons, égayer votre table de Noël, singulariser votre crêche, les amateurs de paris.


 

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Les potiers d'Accolay (1945-1989)
Rare sculpture à poser
"Enseignes de cartes à jouer"
Faïence estampée à superbe couverte noir profond et rouge vif sur fond brun marmoréen
Accolay, Bourgogne
Signature manuscrite sous la base de chaque pièce
France - Années 1960
Dimensions moyennes H_10 x L_10 cm par élément


80 €

Un cadeau pour: les joueurs, amateurs de signaux, les fans de poker, les fumeurs (si peut faire une belle brochette de cendriers), les amateurs d'Accolay, les bourguignons, la joie de la couleur.


 

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Sculpture en pièces métalliques Meccano Tour "Gugus" Eiffel
laqué gris et doré

Travail d'amateur des années 1940-50
France
H_64 cm

60 €

Un cadeau pour: les parisiens et les touristes, les amateurs de maquettes, les fans Meccano, ceux que l'Art brut intéresse, ceux que l'a-peu-près éclatent.


 

Thanks for watching


 

 

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18 juin 2014

Paire de chaises modernistes d'enfant "plywood" - Pays-Bas (vers 1960)

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Travail moderniste néerlandais - Suiveur de Cees Braakman

Paire de chaises d'enfant (probablement d'école maternelle)
Dossier, assise et pieds en frêne massif sculpté et mouluré
Elément courbé en bois lamellé collé dit "plywood"
Attribuées à la manufacture de mobilier scolaire Marko à Veendam
Marquées au tampon sous la base Veendam, Van der Woude
Hollande, vers 1960

140 € la paire (ou 80 € l'une)

H_59 x L_31 x H_assise_31 cm

Au cours des années 1950, la Hollande connait une évolution majeure en matière de design. Les graines semées dès la première moitié du XXe siècle par les ainés portent enfin leurs fruits. L'heure est alors au "beau design pour tous" et au "beau dans l'utile". La guerre se fait oublier et une nouvelle génération envisage d'autres modes de vies que ceux de ses parents. Parmi ce fécond terreau c'est probablement la personne de Cees Braakman qui incarne le mieux les enjeux inédits auxquels se confrontent cette jeunesse. En affirmant " Le défi, réside pour moi dans la recherche de la fusion entre la perfection technique et la forme esthétique", Cees Braakman vise haut dans l'exigence d'un savoir-faire, et quelques cinquante années derrière lui, le temps semble lui avoir donné raison. Les historiens du design et les utilisateurs de ses objets ne tarissent plus d'éloge sur ce meneur du design néerlandais aujourd'hui hissé au pinacle du design rationaliste en Europe continentale.
Pourtant jusqu'à la récente rétrospective que le Musée d'Utrecht -berceau de son travail- lui a consacré il y deux ans, son travail demeurait trop méconnu en Europe latine et il n'est pas rare de voir des demi-habiles croire déceler du "scandinave" dans une production qui n'en a pas les accents.
Les Pays-Bas, terreau de la rationalité extrême et des avant-gardes historiques forment, il est vrai, un lien intellectuel entre la pensée des designs continentaux européens et ceux de la péninsule scandinave et si, en dehors des références aux pionniers que furent Gerrit Rietveld et les animateurs du mouvement De Stjil, le design hollandais reste peu connu des amateurs français, c'est un tort.
Pour s'arrêter plus spécialement sur le cas de Braakman, il convient de s'intéresser à son parcours singulier. Son cheminement professionnel est absolument intriqué avec l'histoire de l'éditeur Pastoe (connu d'abord sous le nom de Pas Toe USM pour Utrechtsche Machinale Stoel & Meubelfabriek). Il commence à travailler dans la manufacture dès l'âge de 17 ans où il apprend les bases de l'ébénisterie et de la menuiserie. Il progresse tant et si bien qu'en 1945, il prend la tête du studio de création Pastoe et impose en quelques années à peine un et des préceptes qui feront des émules et jetteront les bases du design industriel néerlandais en imprimant une marque et une esthétique très reconnaissables. Après-guerre, Braakman part au Etats-Unis afin d'étudier la conception novatrice des meubles en multiplis lamellé-collé (plywood) initiée par la firme Herman Miller sous l'égide du couple Charles & Ray Eames. Il mesure alors tout le potentiel d'un matériau dont il magnifiera avec une grande vivacité les propriétés plastiques et esthétiques. A son retour, il crée pour Pastoe leur première ligne de mobilier moderne. Les conceptions de Braakman ouvrent ainsi la voie au succès de Pastoe durant les années 1950 et 1960, et il restera la tête pensante du département design jusqu'en 1978. Outre les meubles nourris des séries LCW et DCW des Eames, il crée notamment des armoires modulaires basées sur l'auto-assemblage aux combinaisons innombrables de formes et de matériaux, ainsi que la série U + N créée dans les années 1960.
Notre paire de chaises, n'est pas de Braakman, mais forme un exemple éclairant sur l'héritage quasi immédiat que son oeuvre offre aux designers néerlandais. Quelques années à peine après que celui-ci ait digéré les apports fondamentaux des époux Eames, Braakman est lui-même digéré et sa manière fait école.
Sobre, intelligement conçu et élégant, ce modèle est moins débiteur de la technique du multiplis car seule la section raccordant dossier et assise est en plywwod. Le reste en conserve la douceur courbée mais opte pour un retour au bois massif mouluré, plus lourd mais aussi plus stable et moins fragile. Le dessin est superbe, le jeu des courbes animé d'une grâce certaine, la forme donne confiance. 
Après enquête, il semble que ces chaises provenaient à l'origine d'une école de Veendam, elles ne portent aucune marque d'éditeur mais peuvent aussi bien avoir été imaginées par les éditeurs d'alors, Herlag, Kleid in Raum, De Boer ou plus probablement Marko qui était alors implanté à Veendam et qui trouvera au cours des années 1960 un élan productif fameux dans la réalisation du sublime matériel scolaire rêvé par leur designer vedette Friso Kramer.

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Pastoe2

archéologie(Archives: Modèles contemporains de notre modèle en France notamment (Editions Tubauto et divers) / Chaises d'enfant de Zwei Hocker éditée par Kleid im Raum (vers 1955) / Chaise d'enfant par Friso Kramer pour Marko à Veendam (vers 1964) / Intérieur - catalogue Pastoe (1956) / Portrait photographique de Cees Braakman à sa table à dessin ca. 1960 + Affiche de réclame de Otto Treumann, ca. 1950 / Une archéologie du modèle : Chaise DCW de Charles & Ray Eames (Herman Miller) + Chaise de Cees Braakman (Pastoe) (vers 1958) + notre modèle (vers 1960))


 

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04 juin 2014

Ecole française abstraction lyrique signée Ch. Gault - France (1958)

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Ch. Gault (actif vers 1958!)

Tableau formant composition abstraite
Huile et gouache sur carton
Signé en bas à droite
Daté et situé au revers "2 septembre 1958 à Pénerf"
Bretagne (Morbihan) , France

180 €

H_32,5 x L_25 cm (carton - cadre indicatif non fourni)

 

Morbihan - été 1958.
Qui sait.
Ce mardi matin, Christian souffle un peu; dans la maison, le calme s'est fait. C'est marée basse et Jacqueline (Jacky) a motivé les enfants et son mari à une escapade en bicyclette. Ils sont partis à la pêche aux coques sur la grande plage de Damgan laissant pour un moment la maison dans ce calme serein qui s'est fait rare cet été. L'été a été doux et les cris ont envahi la maison chaque instant. Ses grands parents paternels venaient de la région du golfe, plus à l'ouest sur la route de Carnac, ils y avaient vécu jusqu'avant-guerre mais la maison avait été détruite par les bombardements alliés de la fin 1944. Ils étaient morts depuis, mais ils avaient finalement passé la fin de leur vie non loin de là dans une résidence flambant neuve sur le port de la Trinité-sur-Mer. Les parents de Christian, Henri et Geneviève qui s'étaient rencontrés à Paris en 1935 avaient voulu renouer avec l'ancrage breton et s'étaient fait construire une villa à Pénerf entre l'été et l'automne 1953. Cet été, ils avaient laissé la villa "aux enfants", Christian était venu dès début août avec ses amis Solange, Bernard, Luc, Nicole et Guy avant d'être rejoint par sa soeur ainé Jacqueline, son mari Jean-Do(minique) et leurs turbulents enfants Emmanuel, Brigitte, Françoise et la -malgré tout- adorable petite Liliane. Dès lors l'été génial qui s'annonçait sans les parents s'était transformé en galère. Christian et ses amis subissaient le chaperonnage de Jacqueline ou devaient jouer alternativement le rôle de baby-sitter ou de gendarme, les parents des monstres espérant bien passer un été tranquille et profiter de la présence opportune du p'tit frère et de ses amis pour pouvoir s'échapper de temps à autres.
Ce matin-là donc Christian soufflait, toute la sainte famille était à la pêche et ses amis décuvaient des excès de la veille. Au bistrot du port, le picon bière avait coulé sans mesure, on avait beaucoup ri, beaucoup fait pipi, beaucoup ri encore, refait le monde, on avait conspué les mioches qui leur faisaient vivre un enfer tout comme les remarques pernicieuses de cette vieille chouette de Jacky. Après un bol de café Christian se mit en route, sentant qu'était venu le temps de mener à bien cette idée fixe qui ne le quittait pas depuis son voyage à l'expo de Bruxelles début juillet. A 20 ans, il allait rentrer en octobre aux Beaux-Arts de Paris. Son père avait d'abord fait la tronche voyant déjà son fils en danseuse de cabaret mais une remarque habile d'un vieil ami de la famille lui avait permis d'espérer une carrière valable d'architecte pour son cadet. L'image avait changé d'allure et il avait tranché définitivement en affirmant "Puisque ta mère ne s'y oppose pas, je m'en remets à ton idée, tâche simplement de tenir ton rang". Le rang était net, Henri était cadre sup' aux télécoms et alors que son père avait trimé avec l'élevage des bovins, lui avait réussi "à sortir de la boue" et à se construire une situation enviable. On pouvait même affirmer sans trop d'erreurs qu'il menait une belle carrière ayant progressé de trois grades entre son entrée au service en 1948 et son arrivée en 1951 au statut envié de vice-sous-directeur régional à l'équipement. Depuis la vie filait droit, ils avaient pu offrir une vie aisée aux deux enfants et réussi un beau mariage pour leur aînée qui avait trouvé en Jean-Do un beau parti à même de poursuivre le grand oeuvre ascensionnel d'Henri. Christian pose une autre "problèmatique" aimait-il à dire. Il ne savait pas ce qu'il avait manqué avec son cadet mais celui-ci n'avait pas "d'ambition véritable". Les excellents stages à la logistique et au commercial que sont père lui avait fourni en 56 et 57 ne lui avait visiblement pas donné le goût du travail de bureau et cette éventualité de devenir architecte (c'est presque comme être ingénieur se rassure Henri) avait confirmé d'autres perspectives que celle d'avoir un artiste dans la famille.
Christian lui ne rêvait que d'art. Il lui semblait que le monde de son enfance était mort et que seule une profonde remise en cause pourrait préparer un avenir valable. A Paris, il avait côtoyé des artistes fiévreux, dans les bouges de Mabillon il avait croisé des enragés de la vie, des artistes dont la vie était l'oeuvre mais il s'était brulé ses jeunes ailes, il n'était pas sûr de comprendre et si leur posture semblait si juste, lui ne s'en sentait pas le courage, il était somme toute plus traditionnel et se voyait simplement peintre. Il avait vu par les vitrines de quelques galeries du faubourg Saint Germain des lumières éclatantes, il avait croisé de Staël et un ami lui avait présenté en personne Maurice Estève. On lui avait aussi montré des peintures des deux Alfred Manessier et Reth mais il n'avait pas retenu leurs noms. En cet été 58, Christian voulait anticiper sur sa vie. Il avait toujours dessiné, remarquablement même ce qui avait rassuré ses proches sur sa tentative d'intégrer les Beaux-Arts. Il en avait marre, marre de "bien dessiner", marre de "faire très ressemblant", en son jeune coeur, il avait entr'aperçu quelque chose qui le rongeait et l'emportait ailleurs. La couleur était sa nouvelle maîtresse mais il ne savait pas comment la prendre et il avait refoulé longtemps de mettre de côté le trait pour expérimenter autre chose. La veille, sous un pâle croissant de lune, enivré, écoeuré et dilaté d'alcool, il avait senti quelque chose. Il lui fallait oser s'affranchir du beau, saisir d'abord le monde dans ses traces lumineuses. Sacrifier la forme au fondu des sensations. Dans un mois, il serait aux Beaux-arts et s'il est incapable de briser ça maintenant il craint de jamais y arriver, ou de n'y arriver que comme un bon élève zélé, avec coeur mais sans âme. Ivresse aidant, il se voyait déjà voir autrement. Au petit matin (vers 10h) assis au bord du Ria de Pernez, ses couleurs et un carton dans un sac il cherche. Il laisse ses yeux aller dans le vague, les reflets du levant sur l'eau l'aveuglent et il se rappelle la leçon de Gauguin à Sérusier "
Comment voyez-vous cet arbre ? Il est vert. Mettez du vert, le plus beau vert de votre palette ; et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible". Comme ses prédécesseurs qui au début du siècle saisirent que l'étude de la lumière leur offrirait les prémices d'une abstraction, Christian réinvente son sujet en inventant son langage. L'abstraction est à la mode et la capitale se passionne pour ce que certains critiques ont appelé l'abstraction lyrique. La tâche devient l'unité de la touche et libère le subconscient.
Christian en a finit pour aujourd'hui, sans vraiment savoir pourquoi, il écrit au stylo à bille la date du jour et le nom du lieu. Plus tard dans la soirée il inscrira mollement une signature mais pour l'instant il sait que le tumulte va le reprendre mais il est fier de lui. En octobre, il l'espère, sa vie va changer et surtout le regard qu'il jette sur le monde, parfois terrorisé, parfois attendri.

Il faut croire que d'autres ont senti ce qui ce matin du 2 septembre 1958 avait guidé Christian car 56 ans après avoir recouvert un carton de la lumière de l'instant, le morceau est toujours regardé par des yeux étonnés. Si la forme se laisse peu apprivoiser, la séduction naît des couleurs harmonieusement assemblées, si le mélange ne coule pas de source, un bel équilibre est atteint par-delà la profusion de la matière et l'ammoncellement des touches. Qu'est-il arrivé à Christian? A-t'-il renoncé? A-t'-il sombré dans le bourbier de la guerre d'Algérie? A travers cet unique témoignage il vit pour nous; en mémoire. La mémoire est le siège de la pensée, elle est l’attribut qui permet le passage de l’homme sentant à l’homme pensant. Elle est un ordonnancement du vécu sensible, de nos sentiments éprouvés, elle est une matière en bouillonnement, elle est la fondation de l’expérience. Elle est surtout une utopie irréductible, un « lieu qui n’est pas », un « lieu rêvé » qui permet de substituer le possible au réel. Une manière d'éprouver, au fond, que la maigre survivance de notre souvenir est tributaire de ceux des autres.
Christian es-tu là?

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abstarction lyrique(Archives: Carte Postale - vue aérienne de la presquile de Pénerf (56) - Edition Lapie (vers 1965) / Carte Postale - La grand plage de Damgan (56) - Edition Jack (vers 1958) / Deux réprésentant de l'abstraction à Paris: Alfred Mannessier "Montée aux Bréseux" (1949) + Maurice Estève "Noirlac" (1954))


 

28 mai 2014

Service de six mugs en grès par Roger Jacques (1920-2001) - France (vers 1970)

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Roger Jacques (1920-2001)

Superbe service de mugs ou grandes tasses à anse décentrée
Grès tourné décoré d'un émail blanc laiteux avec réserves en biscuit
Signature manuscrite incisée sous chaque pièce
Poterie Jacques du château de Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre)
Berry, France
Vers 1970

 

La famille Jacques occupe une place notable dans le paysage potier du Haut-Berry. Potiers de père en fils, ils sont un bel exemple de cette tradition constamment renouvelée du grès de Puisaye. C'est dans les années 1920 qu'Abel Jacques trouve un espace dans les communs du Château de Saint-Amand-en-Puisaye. Le lieu est déjà auréolé d'une histoire forte. Dans un espace construit au XVIe siècle, l’ingénieur d'origine parisienne Paul-Cyprien Loe-Weinguth dit Paul Jeanneney (1861-1920) s'installe en 1898 devenant propriétaire du château dans lequel il collectionne les grès locaux et extrême-orientaux ainsi que les objets de fouilles. C'est lui qui installe dans les dépendances un atelier de céramique où il travaille seul à produire des pièces remarquables aujourd'hui avidemment disputées dans les ventes spécialisées du monde entier. Il meurt en 1920 et laisse la place pour intérim à une usine de pâtes alimentaires jusqu'à ce que la famille Jacques ne récupère l'espace et lui redonne sa vocation potière. Abel forme son fils dans le respect et l'aura bienveillante d'une tradition issue du XVIe siècle. La période est propice, car malgré la rudesse de la vie quotidienne, c'est au bénéfice de la guerre et de son appétit vorace en métaux, que la poterie utilitaire renoue avec son succès du début de siècle tandis que les français retrouvent dans l'usage les sensations des cuissons au pot et le plaisir de boire à la lèvre d'une tasse de grès. Lorsque qu'Abel décède, Roger a quarante ans. Il reprend seul le flambeau et fidèle à l'esprit qui anime encore cette tradition de Puisaye, il s'acharne à renouveler la forme d'un langage vieux comme le monde pour maintenir fier et vivant ce savoir-faire.
Roger trouve sa place dans un contexte très différent du monde qui entourait les jeunes années de son défunt père. Alors que la génération de l'immédiat après-guerre avait, autour du pôle principal que fût Vallauris, initié une production décomplexée, riche de couleurs, résultat tangible d'une émulation singulière, la génération suivante en tire les leçons positives mais marque un virage vers une oeuvre humble et visant une honnêteté du matériau. Comme souvent dans l'histoire des formes et du goût, les potiers sont alors les fers de lance d'un mouvement de création qui place l'éthique au centre de ses préoccupations. Sentant sans doute mieux que certains le souffle vicié du consumérisme en route, certains se centrent sur une pratique artisanale respectueuse de la matière naturelle qu'ils utilisent. Le pari est hardu: délaisser la séduction facile de la couleur vive, délaisser le décor surajouté pour atteindre à la bonne forme, assumer une production manuelle donc plus onéreuse et moins distribuée, se priver parfois des évolutions technologiques tel le four à gaz ou électrique pour s'imposer les fruits d'une contraignante cuisson au feu de bois. Cette génération à laquelle appartient Roger Jacques va puiser dans un son propre terroir céramique : le Haut-Berry et plus précisement autour de Saint-Amand-en-Puisaye et non loin de là vers le hameau de la Borne, lieux riches d'une tradition, d'une terre féconde et de manières séculaires. Si la Borne a trouvé un nouveau souffle dès les années 1940 grâce à une exigente et inventive poterie artistique, Saint-Amand-en-Puisaye renouvelle plus considérablement quant-à-elle la sublime poterie utilitaire. Les meneurs de cette fronde rurale sont maintenant révérés dans l'histoire de la céramique, ils se nomment Jean & Jacqueline Lerat, Robert Deblander, Elisabeth Joulia, Anne Kjaersgaard, les époux Pierlot ou encore l'ingénieux Yves Mohy. Ils oeuvrent à un renouveau qui cherche plus que jamais des subtilités d'une profonde richesse loin des artifices de la chimie industrielle vilipendés par le théoricien, potier et moine de Taizé, Frère Daniel de Taizé (Daniel de Montmollin), dans son éclairant et fameux ouvrage de 1964 "Le Poème céramique".
S'être privé de la couleur, c'est abandonner ses certitudes, c'est rentrer en communion avec la puissance de la matière, transformer la source même de son art en fin ouverte. La terre est une manne pour qui sait la manier et les nuances des émaux de sels, des cendres végétales, des mouchetage de grès, en gris ou brun aux grains noirs, des pyrites, des agrégats de fer ou d’autre émaux deviennent alors des révélateurs de la substance, de délicates nuances qui auréolent la terre et subliment la ligne que lui a donnée le potier. A la couleur, la poterie de grès préfère la densité du contour: la forme et la noblesse propres à la terre grésée, cet argile cuit à plus de 1300°c qui en vitrifiant peut se priver de l'émail pour atteindre l'imperméabilité et ne l'utiliser que pour sublimer la ligne davantage que pour décorer un tesson qu'on devrait camoufler. La terre se laisse désirer nue dans les délicats effets que le feu qui l'a léchée a laissé à sa surface.

Notre service est une production du début des années 1970, Roger Jacques a d'ores et déjà réussi à moderniser un répertoire traditionnel et connaît un succès d'estime. A une époque qui témoignait de l'envolée puis de la chute du tout plastique, c'est marqué par l'apport sensible des époux Pierlot dans leur avant-poste qu'est le château de Ratilly, qu'avec d'autres potiers comme Chantal et Thierry Robert il s'expose à remettre en perspective l'honnêteté de la production utilitaire de grès montée à la main. Il n'est pas question de lorgner sur le statut d'artiste mais de s'assumer fièrement comme artisan d'une production appréciée de ceux qui savent vivre et s'en font les défenseurs. La production n'est pas si chère mais encore faut-il mesurer sa discrète superbe. Comme dans notre service, chaque pièce est unique, signée et porte la marque de cette main qui l'a montée au tour, ou encore la trace assumée des doigts qui ont ajusté l'anse devenant ornement. Le tout est sobrement magnifié d'un émail blanc qui souligne le modelé et qui telle une seconde signature de Roger Jacques (tant copié depuis) est disposé partiellement laissant à nus la finesse de la lèvre du mug ainsi que sa base- comme un défi renouvelé à cette faïence totalement industrielle de faible qualité qui se mettait alors à pulluler.

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La Borne

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Pierlot(Archives: Paul Jeanneney dans son atelier qui deviendra celui des Jacques + Vase de Paul Jeanneney (vers 1900) / Monique Lacroix-Mohy sur son tour à la Borne (vers 1955) + LA communauté potière lors d'un symposium à la Borne (1977) /Grès de Puissaye des années 1960-70 dans la collection Wattel (de gauche à droite) : Verseuse de Roger Jacques, Pichet et bouteille de Chantal et Thierry Robert (Grès du Loir) / Pichet de Jeanne et Norbert Pierlot / Pichets + Lampe de Jeanne et Norbert Pierlot )


 

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21 mai 2014

Rare coupe vide-poche en faïence par le studio Centro Ave - Italie (années 1960)

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Studio Centro Ave

Coupe circulaire en faïence à col ourlé rentrant
Épais et caractéristique émail rouge orangé nappé à effets de cristallisations flammées
Italie, Loppiano (Florence)
Marqué sous la base (étiquette d'origine)
Vers 1965

150 €

H_5 x Diam_27 cm

(Parfait état)

Rue de Bretagne (Paris, 3e arrdt), il y a de nombreuses années.
J'habite encore chez mes parents et, le week-end, entre deux virées en skateboard entre amis qui m'initient joyeusement à des recoins inconnus et pisseux de Paris, je suis régulièrement ma chère maman sur les brocantes de France et de Navarre -à Paris ou ailleurs si notre vie de famille nous y amène. Elle recherche de jolis tableaux laissés pour compte que l'on s'échine ensuite à magnifier de cadres anciens propres à sublimer ces percées délicates d'artistes tout aussi oubliés que mes coins pisseux. Ce jour là, nous avons traîné mon père qui, soleil aidant, cherche à transformer notre quête infinie en bucolique balade au soleil. Il traîne plus que nous, fait le badaud, regarde tout -sauf les objets étalés- et écoute en indiscret les conversations avinées des brocanteurs et celles des autres, fanfarons ou amateurs discrets. Il nous ralentit mais nous sommes contents d'être tous les trois ensemble. En ce temps-là, la rue de Bretagne n'est plus ce qu'elle était mais pas encore ce qu'elle est devenue et la brocante de la rue de Bretagne n'est pas cette foire d'empoigne des bourgeois déguisés en bohémiens qui deux fois l'an s'encanaillent à "chiner du vintage". Nous cherchons alors de belles pièces plus ou moins anciennes, des "occasions" en somme, c'est-à-dire autant un moment qu'une chose, on ne cherche rien de précis sinon l'assurance que quelque chose peut arriver, l'espoir de la chose à saisir et le moment particulier de ce saisissement. A cette époque, les antiquités du XXe siècle sont encore rares sur les étals et les choses qui semblent sorties d'une bande dessinée de l'âge d'or franco-belge sont pour moi source de moments d'exaltation. Parcouru par le frisson du jamais-vu mes goût sont alors portés vers ce qui dénote de mon environnement quotidien. J'ai peu de limites et j'apprends à me faire confiance dans mes choix. Mon sang ne fait qu'un tour lorsque j'aperçois sur une bâche étendue à même le trottoir cette sublime coupe rouge vermillon, elle m'appelle comme une promesse de voyage. Je demande timidement le prix, négocie, et dis quelque chose comme "super, maintenant s'il vous plaît attendez un instant, je dois trouver de l'argent...euh mes parents...", le broc' me répond souriant un truc du genre, "ok jeune homme, j'te la garde mais fait vite!". Je ne me rappelle plus qui je rejoins en premier mais probablement ma mère car je sais que c'est peine perdue de faire céder mon père à ma cause, même s'il ne pense pas à mal, il va (encore) me dire que ça lui rappelle ce qu'il voyait chez la femme de ménage de ses parents (comme si alors, tout était dit). Je rejoins donc les jupes de ma mère, la seule, l'unique, celle-là même qui -inspirée- et attentive m'avait permis un jour de négocier pour 3 francs un dauphin en plastique floqué avec une balle rouge au bout du nez...j'avais six ou sept ans. Attendrie, soutien à la cause anarchiste des objets sauvés et au mépris d'une ligne de compta pour rien, elle me donne la somme en question à charge de la rembourser sur mon argent de poche et moi, je cours, slalomant entre les gens pour aller chercher ma coupe. J'ignore si j'ai remboursé ma dette mais il y a prescription. Depuis nous avons vécu beaucoup de choses cette coupe et moi. Elle a vécu quelques belles années dans ma chambre colorée, elle a emménagé avec moi et ma copine nous servant de vide-poche ou simplement posée sur notre table basse, vide, dans sa beauté nue, excitant nos regards et la curiosité des copains qui se demandaient parfois pourquoi cette coupe était justement là, posée, vide. Elle a déménagé à nouveau, vécu des jours heureux avec nous, vu la naissance de notre premier enfant mais maintenant, il est temps que quelqu'un d'autre s'en occupe. Quoique, après cette livraison intime je me demande s'il ne serait pas plus raisonnable de la garder comme un rappel car aujourd'hui c'est moi qui emmène mon enfant en brocante, il est trop petit pour me seriner mais je garantis d'être là le jour où l'occasion se présentera pour lui.

Pour ceux que cet épanchement sensible n'aura pas convaincu, voici donc une seconde couche factuelle. Cette coupe singulière par sa forme toute en rondeur est un régal pour les sens, douce à la caresse, elle semble surgie des flammes, marqué devant l'éternel du feu qui l'a léchée. Son émail généreux a harmonieusement nappé chaque surface, amollissant son modelé, avalant les arêtes, et les rares explosions cristallines et autres flammures viennent équilibrer cette douceur italienne. Elle date du début des années 1960 et a vu le jour au Centro Ave à Loppiano près de Florence dans ce qui allait devenir au fil des ans un important terreau de création artistique. C'est en 1961 que Chiara Lubich fonde un lieu de création unissant sculpture, céramique, peinture et architecture. La création se veut guidée par le mouvement des Focolari, il est directement inspiré par sa spiritualité. Une équipe d'artistes, architectes et designers y développent des projets pour l'art, la modernisation et la rénovation, la construction de nouvelles églises et chapelles, les bâtiments et les collectivités privées, en Italie comme à l'étranger. C'est la variété des contributions artistiques présentes au sein de l'équipe qui caractérisent la singularité du Centro Ave, qui au fil des années a donné lieu à un art dont la méthode et le résutat comptent autant. L'idée est de travailler collectivement (à l'origine Cerquetti Ave, Marika Tassi et Tecla Rantucci) pour arriver à une expression de la vie où fusionnent les valeurs spirituelles et l'expression individuelle dans le don réciproque pour atteindre un processus artistique plus complet, à velléités universelles, ouvert aux artistes de toute idéologie ou religion.

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centro ave2(Archives: Ave Cerquetti "Annunciazione" (1961) + Vase boule Centro Ave (vers1965) / Ave Cerquetti "Bella acoglienza" (1961) / Intérieur de l'église San Paolo, Cuneo (1984) /  Détail extérieur du centre religieux San Paolo, Cuneo (1984) - Sources: centroavearte.it)


 

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14 mai 2014

Lampe liseuse orientable en suspension - Scandinavie (années 1960)

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Lampe en suspension globulaire orientable

Laiton doré et intérieur thermolaqué blanc
Sommet ajouré et monture laquée noir
Dans le goût de Verner Panton ou Alvar Aalto
Travail scandinave - Années 1960

120 €

Diam_22 cm

(très bel état- électricité rénovée)

Notre modèle s'inscrit dans la généalogie d'une spécialité scandinave: les lampes pendantes ou suspensions, qui, de la fameuse A330S dessinée en 1939 par le finlandais Alvar Aalto à la célèbre Topan de Verner Panton ont offerte une nouvelle manière de partitionner l'espace. Cousine, non sans mérite, de ses illustres prédécesseurs, cette lampe d'appoint, liseuse délicate, peut être placée à côté d'un fauteuil ou au dessus d'une table de salle à manger ou d'un guéridon. Elle diffuse une lumière chaude qui circonscrit une zone délimitée par son chaleureux halo. Elle n'est pas en premier lieu un simple plafonnier, ni un éclairage principal, mais l'outil qui permet de souligner un volume et d'en faire un usage privilégié.

C'est en 1960 que Verner Panton dessina la lampe Topan pour l'Astoria, un hôtel restaurant de Trondheim en Norvège pour lequel il avait également conçu les textiles muraux et le mobilier. Les Topan étaient utilisées pour polariser le grand espace de l'hôtel en une multitude d'espaces plus intimes centrés sur les suspensions.
Forte de son audacieuse simplicité, la Topan allait générer chez les designers de cette génération diverses descendances plus ou moins heureuses. 
Notre modèle est d'une élégance rare, il ne joue pas sur les mêmes ressorts esthétiques que son ainé et abandonne la suprématie de la sphère pour une inaugurer la rencontre de la ligne droite et de la courbe. Une lame d'acier noire vient contrebalancer sa rondeur et organiser orthogonalement l'espace autour du fil qui la soutient. Cet équilibre est renforcé par le rapport des couleurs où la matité inégale des matières du lumineux laiton au strict laquage noir mat en fait un terrain d'une rare harmonie.
Si Panton est un designer nordique dont on peine parfois à saisir les racines, il faut avouer qu'ici son suiveur a assumé davantage le terroir de la lumière scandinave. L'éclairage se fait suave, il enveloppe un espace et des instants par un artifice de bonne guerre: plutôt que de diffuser sa clarté, de la distribuer sans mesure, il la concentre, la cadre pour en faire le support d'une lueur domestique.

 

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aalto(Archives: Lampes Topan de Verner Panton (1959) + Lobby de l'hôtel Astoria de Trondheim en Norvège par Panton (1959-60) / Vue générale du bar de l'hôtel Astoria à Trondheim en Norvège par Panton / Lampes  A338 dite "Myrtille" (1950) et A330S (1937) par le finlandais Alvar Aalto))


 

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30 avril 2014

Table basse biomorphique en acier et moelle de rotin - France (années 1950)

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Table basse à plateau de forme libre chantourné dit biomorphique ou organique

Structure tubulaire en acier laqué noir mat
Plateau garni de moelle de rotin tressée
Travail français
vers 1950

H_41 x L_77 x P_50 cm

Un nouvelle fois, nous allons tâcher de nous interroger à partir de cette table sur l'origine de l'émergence d'une forme en tâchant de mobiliser nos sens pour mesurer comment, au début des années 1950, quelque part, en France, ce dessin a surgi d'un esprit pour voir le jour.
Au sortir de la seconde guerre mondiale un important renouveau formel s'inaugure.
Une rupture forte avec le répertoire formel de l'entre-deux guerre s'installe et comme en d'autres temps d'accélération technologique majeure les jeux sont brouillés et les anciennes distinctions séculaires entre baroque et classicisme peinent alors à éclairer sensiblement les enjeux de ce présent. La mode inaugure un "trait" nouveau qui n'emprunte ni à la droite symétrie classique ni aux circonvolutions végétales et symbolistes des baroques précédents. La ligne trouve une voie inédite, elle s'arrondit sans tension, elle ondule librement plus qu'elle n'est courbée, la chorégraphie souple de ce qu'on commence alors à appeler la forme libre s'installe à tous les niveaux du paysage quotidien, des projets architecturaux les plus ambitieux aux motifs les plus humbles des tissus de robe d'été.


Au niveau international une source iconographique et symbolique nouvelle apparaît dans tout le monde occidental et à y regarder de près l'origine de son avènement est à trouver dans la conjonction de divers phénomènes que le recul nous aide probablement à lire mieux. Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'évoquer dans ces pages la génération qui a passé son adolescence sous la sombre aura du conflit mondial s'époumone dans une urgence vitale à "tuer le père", elle ne peut oublier à l'heure de se voir dans le miroir que tant que nous vivrons, nous aurons à vivre avec nous-mêmes. Elle cherche à rompre avec un occident qui au sortir de la guerre malgré les déclarations pacifistes de bon ton fait mine d'ignorer ce qu'il a engendré et laissé produire :
Dans le camps des vaincus, un système génocidaire si abouti qu'il marque le franchissement d'une industrialisation de la mort légalement installée. Dans le camps de ceux qui se croient vainqueurs la guerre laisse quant à elle place à une autre guerre -froide dit-on- qui sous la propagande des deux bords ne cherche même plus à cacher le sens des conflits armés qui sous couvert de principes moraux et de droits fondamentaux brandis cherchent à asseoir des impérialismes aux relents similaires. Dans le même camp, la mémoire des conditions d'obtention de la paix reste alors vive chez quelques-uns: la recherche nucléaire a permis l'usage d'une bombe atomique qui en rayant instantanément 150000 vies de la planète a imposé la paix! Les résonances sont violentes et pour la jeune génération témoin de ce marasme, il y a un besoin impérieux d'imaginer de nouvelles formes de vie propres à orienter durablement un autre être-au-monde.
Les expériences sont nombreuses, autant que les motivations qui les suscitent et ce n'est pas dans ces quelques lignes que nous prétendrons résumer la richesse de leurs implications. Un point commun demeure cependant: puisque l'image a montré l'immontrable d'Hiroshima à Auschwitz, puisque le langage semble trop impuissant à partager l'indicible, il faut chercher ailleurs, coûte que coûte et c'est par une forme d'intime repli sur soi qu'une expérience voit alors le jour. Si l'existence humaine a été salie jusque dans ses aspects les plus infimes il faut alors réagir à un degrè équivalent. L'arme atomique est allée loin, profond et en une quête salutaire nourrie de désespoir, d'aucuns vont alors chercher cet infime degré indemne à partir duquel recommencer. L'échelle symbolique devient l'atome, la molécule, l'humain dans sa composition microscopique et la forme devient alors "organique". Les rideaux sont parsemés de globules colorés, le mobilier prend des allures biomorphiques inspirés de ces formes sans écho négatif, la forme "rognon" pourtant chère au XVIIIe siècle s'éclaire d'un succès nouveau. L'humain dans son rapport vital au monde se veut l'échelle signifiante. Le Corbusier impose son modulor et met de côté un temps la droite ligne rationaliste pour construire sa chapelle de Ronchamp dont certains aiment à répéter qu'elle est issue du dessin d'une carapace de crabe. La forme devient en apparence abstraite, on parle alors bizarrement de "forme libre". L'Exposition Universelle de Bruxelles en 1958 marque l'apogée de cette vague qu'en Belgique certains appellent même le "style atome" mais la vigueur et l'humilité propres à l'élan de vie de l'immédiat après-guerre se sont déjà fait enfouir sous les bons sentiments orchestrés de la propagande de cette géniale foire à tout, L'Expo 58 se proposant de "faire le bilan du monde, pour un monde meilleur" avec comme symbole l'Atomium imaginé par l’ingénieur André Waterkeyn et les architectes André et Jean Polak. Le contexte ayant vu naître cette tentative de repartir du plus petit élément aura comme corrolaire pervers l'érection de la vie biologique comme échelle de la vie de la cité, annonçant peut-être le grave revirement du politique en biopolitique tel que Foucault l'a décrit.

Notre table est née de ce temps tumultueux. Contrairement à nombre de ses homologues, son rotin ne s'est pas asséché, il présente une superbe patine "robe de lièvre" lustrée. Sa ligne s'expose comme une sculpture dont l'asymétrie offre une multitude de points de vue sur sa dynamique ossature d'acier. Le plateau en moelle de rotin tressée annonce en un même mouvement la rondeur molle que les matières plastiques permettront quelques années plus tard et ce nouvel écho que rencontrent les matériaux naturels et les savoir-faires vernaculaires à l'aube des années 1950.

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P4282238(Archives: L'emblème de l'Expo 58 à Bruxelles: l'Atomium (1958) / Chapelle Notre-Dame du Haut de Ronchamp de Le Corbusier (1950-55) / Terminal TWA de l'aéroport J.F.K. à New-York par Eero Saarinen (1962) / Deux exemples de table de forme organique : Table "Amoeba" de John Keal pour l'éditeur californien Brown & Saltman (1950) + Table basse biomorphique de T.H. Robsjohn-Gibbings pour l'éditeur Widdicomb (vers 1950) / Deux aménagements en rotin : par Mathieu Matégot (Vers 1953) + par Louis Sognot (Vers 1950))


 

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23 avril 2014

Rare lampe par Pol Chambost (1906-1983) - France (circa 1940)

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Pol Chambost (1906-1983)

Lampe en faïence à couverte d'émail blanc mat en craquelé à décor tournant scarifié
Signature au cachet "Made in France" sous la base
Poterie Pol Chambost dite Poterie d'Ivry, France
Vers 1940

H_pied seul_28 cm (Excellent état / NB. abat-jour non fourni)

220 €

Bibliographie: Modèles similaires in "Pol Chambost sculpteur céramiste 1906-1983", Edition Somogy, p.18.

Pour les amateurs de céramiques des années 1950, Pol Chambost est un des quelques noms les plus fameux.
Alors que le jeune Hippolyte Chambost commence sa carrière comme sculpteur d'ornements funéraires en céramique à deux pas du grand cimetière d'Ivry dans la marbrerie de ses parents, il se trouve emporté dans le tourbillon de la création potière autour de la guerre de 1939-45. Dès la fin des années 1930, il déleste ses recherches sur un granit artificiel en céramique pour centrer son travail sur la poterie. Il s'attèle alors à une création exemplaire fondée en premier lieu sur la forme seulement magnifiée par de subtiles harmonies d'aplats colorés juxtaposés et de
délicats rapports entre matité et brillance, lisse et creux. Ses premières créations, celles de la fin des années 1930 à laquelle appartient notre modèle est encore marquée par l'écho de l'Art Déco notamment par l'influence du travail de Jean Besnard ou de l'ornementation chère à la mode en vigueur aux salons de l'Imagerie Française. On y décèle pourtant déjà une tentative alors précurseuse de repenser la forme dans une simplicité abstraite que les années 1950 inventeront. L'émail est mat, traité en craquelé et habilement réhaussé d'un décor en spirale cursif qui souligne l'élévation de la forme. Sa base tronconique est aussi représentative des formes qu'il affectionne alors.
Avec les atrocités de la guerre la nouvelle génération d'artistes doit composer avec un vocabulaire neuf. Après l'industrialistaion et la justification légale de l'extermination de 6 millions de personnes, le langage échoue à partager l'expérience du drame et la figuration peine à montrer l'immontrable. L'abstraction s'imagine alors comme une voie salutaire à l'innefable, que ce soit par les lettristes en poésie, par la redéfnition de l'idée de forme dans les arts plastiques ou par l'avènement d'une architecture humble au service non plus de l'apparat mais de l'habitant. Le combat pacifique est acharné pour cette génération qui cherche un langage neuf  afin de
disputer une partie où le soulagement de l'espoir d'une paix durable côtoie au vif l'amertume du gâchis. Comme le dit alors si sensiblement le jeune Guy Debord: "Il est possible qu'ensemble nous définissions une vie et une écriture qui valent la peine d'être jouée. Seul j'y renonce."

Devenu Pol et potier à part entière, Chambost inaugure dans l'après-guerre une oeuvre inédite et très personnelle. Il se pense sculpteur et lorsqu'il jette sur le papier une forme, il trouve ensuite en la terre l'outil à même d'exprimer son langage. A l'instar de Roger Capron qui dans le même temps à Vallauris cherche à produire industriellement de la poterie de grande qualité, Chambost s'entoure des meilleurs auxiliaires du moment. Il collabore ainsi avec le prodigieux tourneur Pierre Roulot, mais aussi avec Georges Jouve, Luc Lanel ou encore Paul Pouchol. Il devient rapidement un fer de lance du monde de la céramique et s'implique notamment dans les Salon des métiers d'Art où il expose d'impressionants ensembles chaque année. Au coeur du réseau des praticiens parisiens, il réussi à occuper une place de premier plan auprès des décorateurs -comme Jean Royère qui place ses pièces dans ses prestigieux chantiers- mais aussi des divers distributeurs, fleuristes prestigieux et grands magasins notamment au Printemps où avec Colette Guéden il initie une fructueuse collaboration. Ses pièces deviennent au fil des années 1950 de véritables phares de la création potière moderne jusqu'à servir d'étendard moderniste dans les films de Jacques Tati et notamment Mon oncle dont les décors présentent maintes pièces de sa poterie d'Ivry. Coqueluche des arts du feu, il est alors une des rares personnalités de ce monde discret à dépasser les limites du microcosme potier et ce n'est sans doute pas un hasard s'il fait en cette fin des années 1950 la couverture de Mode de Paris et que ces créations inspirent encore la mode d'aujourd'hui par le biais du couturier Raf Simmons (Dior) qui après avoir avidement collectionné les pièces du potier s'en est inspiré avec bonheur pour sa collection été de 2009.

 

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chambost(Archives: Pol Chambost en couverture de Mode de Paris (vers 1958) + Pièces à la poterie d'Ivry (vers 1940) / Pièces blanches de Pol Chambost / Pièces noires de Pol Chambost / Pièces de Pol Chambost (Collection Raf Simmons + Collection Jil Sander par Raf Simmons (2009) / Stand de Pol Chambost au Salon des Arts ménagers / Intérieur décora par Jean Royère présentant deux pièces de Pol Chambost (vers 1954) / Vase de Chambost dans Mon oncle de Jacques Tati sorti en 1958 / Portrait de Pol Chambost dans son atelier ajustant une anse)
Pour en savoir davantage sur l'artiste voir le site polchambost.fr


 

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